FRUITS ET LÉGUMES : LA BAISSE DU THERMOMÈTRE PARALYSE LA PRODUCTION

Par Yassine SABER

La production maraîchère est actuellement freinée par la baisse du thermomètre qui retarde la maturité des cultures. La récolte est passée d’une moyenne de 1.200 à 600 kilos/ha. Les professionnels tablent sur la hausse des températures pour le mois de février.

Les producteurs-exportateurs de fruits et légumes devront encore s’armer de patience avant la fin de cette vague de froid. Et pour cause, le mercure devrait maintenir sa baisse dans les jours qui viennent. «On devrait, en effet, revenir à des températures normales, à partir de février, alors que le temps se radoucira, d’ici la fin de cette semaine», s’enthousiasme Saâd Soulaimani, secrétaire général de l’Association des producteurs et exportateurs des fruits et légumes (Apefel). En hiver, bien que la baisse de température soit un facteur habituel chez les producteurs-exportateurs de primeurs, mais cette année, la vague de froid, a fragilisé, une fois de plus, le développement des plantes. «Le froid bloque le processus de maturation, ce qui réduit la croissance végétale et l’évolution des cultures», explique Lhoucine Aderdour, président de la Fédération interprofessionnelle de production et d’exportation des fruits et légumes (Fifel). Partant de ce constat, «toutes les cultures, sont confrontées à ce frein de production, que ce soient les maraîchers ou les arboricoles», ajoute Ahmed Mouflih, directeur de la Fifel.

Par conséquent, les prix de primeurs, notamment la tomate, produit-vedette de la région du Souss, ont flambé à cause de la réduction de l’offre. Sur le marché de Saint Charles à Perpignan (France), le prix de la tomate oscille entre 1,20 à 1,50 euro alors que le prix des autres cultures, comme la courgette a grimpé à cause de l’attaque du virus New Delhi et l’amenuisement des surfaces plantées de ce produit. Cependant, d’autres facteurs expliquent cette flambée de prix à l’export, qui est provoquée par la baisse de l’offre. Il s’agit notamment du pic de froid qui a touché les autres fournisseurs du marché européen, notamment l’Espagne où les vergers ont été touchés par cette baisse de température et l’Italie troublée par la vague de neige. Dans les principales zones de production à Chtouka-Ait Baha, où le thermomètre est descendu en dessous de la moyenne, surtout la nuit, les répercussions des minimales sont de retour, ce qui affectera davantage la récolte. «Alors qu’on récoltait 1.200 kilos/ha, actuellement, la production oscille entre 600 et 800 kilos/ha. C’est pourquoi, on n’arrive pas à honorer nos engagements vis-à-vis de nos partenaires malgré l’augmentation minime du tonnage avec la dernière plaine lune», souligne Saâd Soulaimani.

La réduction de l’offre sur le marché intérieur, qui a une faible capacité réceptive, a été aussi constatée, mais sans pour autant dire que les prix ont flambé, puisque la tomate a été vendue à 3 DH le kilo, en fin de semaine, d’où la problématique des intermédiaires, pointés toujours du doigt par les producteurs-exportateurs. Le constat est le même pour les agrumes. Des vergers au consommateur final, le prix de vente de la clémentine, qui a cédé, en termes de production, la place aux oranges, est passé, il y a quelques jours, de 40 centimes à 4 DH, au niveau du marché local, ce qui a poussé, une nouvelle fois, les producteurs à dénoncer la situation du marché interne. «Devant l’augmentation de la production agrumicole, il est nécessaire de prendre des dispositions de transformation de la production», insiste Ahmed Mouflih. Mais du côté des professionnels, la production des petits calibres en général et la clémentine en particulier, vendue cette année, à des prix très bas, aurait dû être écrasée pour qu’elle soit transformée en jus, puisque la production de l’Amérique latine qui approvisionne l’Europe a payé les frais des conditions climatiques.

Source : www.leseco.ma

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