Sourtna : les photos du petit né de la Fondation nationale des musées

La dynamique de la Fondation nationale des musées (FNM) continue avec l’inauguration, mardi 14 janvier, du Musée national de la photographie dans l’enceinte du Fort Rottembourg, autrement appelé «Borj El Kebir», situé dans le quartier de l’Océan à Rabat. S’il en fallait bien un, pour compléter la cartographie des musées au Maroc, il y avait surtout une forte demande de la part des artistes photographes, afin d’asseoir la photographie comme art contemporain à part entière et de fort potentiel au Maroc. En effet, l’accessibilité des moyens techniques et des formations à la photographie a fait émerger une vague de créativité impressionnante, notamment chez la jeunesse qui se sent plus à l’aise avec le médium technologique.

Aspirant à être l’un des pionniers au niveau du continent africain, le Musée national de la photographie a mis les moyens en s’offrant le bel espace du Fort Rottembourg, monument historique du quartier populaire de l’Océan, qui a été restauré par la ville dans le cadre du projet «Rabat ville lumière et capitale marocaine de la culture». Et pour embrasser cette jeunesse qui est censée l’animer, le musée s’est ouvert sur une exposition collective de jeunes artistes marocains, triés sur le volet par Yassine Alaoui Ismaili, alias Yorias, un jeune photographe, mais une valeur sûre et reconnue à l’international. «Sourtna» est le nom choisi pour ce premier événement du musée.

Yorias, commissaire

A 35 ans seulement, Yorias a su tracer son bonhomme de chemin dans le monde très sélect de la photographie à l’international : inutile d’en démontrer toute la complexité. Ce «street photographer», qui a d’abord été breakdancer et chorégraphe, avant de se découvrir la fibre de traqueur d’instantanés, a exposé à la Fondation Hermès, a été publié dans de nombreuses revues d’art et portfolio et a obtenu, en 2019, le Prix des Amis de l’Institut du Monde Arabe pour la création contemporaine.

Yassine Alaoui Ismaili, de son vrai nom, est ce sniper au regard onirico-satirique qui s’énamoure de Casablanca, sa ville natale. Avec sa troupe, «nous avons beaucoup voyagé à travers le monde pour participer à des compétitions, mais c’est en rentrant au Maroc que j’ai compris que la vraie source d’inspiration, c’est ce qu’il y a de plus proche de soi : la famille, le quartier, le pays, la culture, le fait de se toucher, d’être très familiers, très proches», dit-il. Et d’ajouter : «Avec la photographie, j’ai directement accueilli ce qu’il y a de plus proche de moi pour développer mon style et mes projets, comme ‘‘Casablanca not the movie’’».
Montrer les jeunes photographes qui font bouger les lignes de la photographie marocaine actuellement était le leitmotiv de Yorias. Et pour cause. Un Maroc vu par des Marocains serait plus fidèle à la réalité et à même de rééquilibrer les forces avec le regard étranger, selon l’artiste.

Sourtna

«Les auteurs exposés ici ont en commun le sentiment de responsabilité. Nous avons tous conscience qu’il nous appartient de capter les situations, les couleurs, les lieux, les gens, les moments de la société marocaine… Pour moi, cela veut dire que le Maroc est capable de se raconter lui-même en images, que nous sommes capables de produire des images, de les défendre, de les partager, de les montrer et de les regarder», explique Yorias.

S’il n’y a pas, à proprement parler, une école de la photographie marocaine, les artistes sont d’ores et déjà sur la scène depuis des années et le désir d’en fonder les bases est également présent. L’on pourra du moins compter sur les jeunes artistes de la sélection, dont le dynamisme et la complémentarité sont inspirants pour les jeunes. On y trouve des auteurs reconnus, comme des photographes émergents et des jeunes regards à encourager. Pour n’en citer qu’eux, M’hammed Kilito, Yassine Toumi, Déborah Benzaquen et Mehdy Mariouch sont de l’expo. A voir…

Article Source : La Vie Eco

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